Ces derniers jours, je me sens plutôt :
Remèdes préventifs et réparateurs :
- Stabilité de mon attention : améliorée par la détente, le rappel fréquent à une simple présence à ce qui est, et par la contemplation.
- Régulation de mes émotions : améliorée par la relaxation, en nommant l’émotion, en anticipant ses conséquences, et en suspendant toute réaction pour mieux répondre et me conduire comme je le souhaite.
- Justesse de mes pensées : améliorée par la modestie et la prudence intellectuelles, en avançant par hypothèses, en cherchant la contradiction argumentée pour apprendre et mieux comprendre à partir des faits.
- Ma flexibilité mentale : améliorée par un ajustement continu et lucide, grâce à l’exploration d’autres points de vue, pour réduire les causes d’erreurs et de souffrance, et pour préserver notre sécurité de base, ensemble.
- Mon empathie : améliorée par la disponibilité, la présence et la considération de l’autre à partir de ce que nous avons de commun, s’entraider en plaçant l’humain avant l’imagination ou les idéaux.
- Mes anticipations : améliorées par la simulation mentale réaliste, la pluralité des hypothèses, l’accueil des imprévus, en n’acceptant de résultats justes qu’issus de moyens justes, afin de préserver la vie et l’ouverture à l’inconnu.
- Mon ajustement relationnel : amélioré par la considération, l’écoute mutuelle et la bienveillance réciproque afin de s’entraider à comprendre et agir, pour réduire les malentendus et l’isolement dans nos seules interprétations.
Questions-tests pour mieux comprendre mon interlocuteur (s’il s’agace ➝ « Méthodes ») :
- Peux-tu m’expliquer ce point ? Qu’as-tu voulu dire exactement ?
- Quel est le but ou la fonction de tout ce que tu dis ?
- Comment en es-tu arrivé à penser cela, ou à cette conclusion ?
- Comment passes-tu de cette hypothèse à cette interprétation, et quelles sont tes sources ?
- Si cette citation est une traduction ou une interprétation, est-elle vraiment fidèle à l’original ?
- Ces arguments cherchent-ils à être confirmés en excluant ce qui pourrait les contredire ?
- Comment préviens-tu le risque que tes paroles entraînent certains à des actes d’agression ?
Questions pour mieux me comprendre en situation :
- Suis-je en train de céder par simple conformisme social ou peur d'être exclu ?
- Quelle émotion (peur, désir, urgence) ce discours cherche-t-il à susciter ?
- Suis-je influencé par le statut de la personne plutôt que par ses arguments ?
- Ai-je pris le temps nécessaire pour une analyse autonome hors de l'interaction ?
- Ce message entre-t-il en conflit avec mes valeurs ?
- Suis-je prêt à infliger des menaces et des souffrances pour soumettre à mes idées ?
- Ai-je compris que ce qui pousse à humilier, être brutal ou violent est déjà contre mon humanité et contraire à mes aspirations ?
Trois méthodes concrètes pour se rétablir :
1) Comment améliorer et stabiliser mon état émotionnel :
Pendant quelques instants, être simplement témoin, attentif à ce qui est, tel que cela se présente. Sans entretenir mes jugements automatiques. Par exemple, porter mon attention à ma respiration, la ralentir, détendre mon visage et les parties de mon corps inutilement tendues. Ressentir mes appuis : mes pieds ou d’autres points en contact avec le sol, sinon là où je suis, assis ou allongé.
Répéter cela souvent, en situation difficile, mais aussi tout au long de la journée, afin de retrouver et de stabiliser ma disponibilité pour comprendre et agir avec justesse.
Compléter cette pratique avec les méthodes suivantes.
2) Comment retrouver ma lucidité et mon esprit critique bienveillant :
Me poser et ne pas céder à la tentation des jugements, des certitudes et des conclusions précipités : ni celles des autres, ni les miennes. Et bien distinguer : « faits », « interprétations », et « ce que cela me fait de penser ainsi ».
Attention aux certitudes sans preuve :
- ce n’est pas parce qu’une information est affirmée ou logique qu’elle est vraie ;
- deux événements qui viennent ensemble n’ont pas forcément un lien de cause à effet ;
- un texte ou une image n’est pas forcément authentique (auteurs, lieux, dates), surtout si les diffuseurs cherchent à en tirer profit ou désinformer pour déstabiliser.
Examiner les interprétations qui me viennent à l’esprit, afin de les comparer si possible avec les faits. Si je n’ai pas d’information validée selon des sources exactes, vérifiées et bien étayées : suspendre mon jugement et agir avec grande prudence.
Revenir à mes valeurs constructives et de bienveillance — envers moi et envers les autres — pour avancer à partir d’hypothèses. Ceci en me demandant quelles autres hypothèses me sembleraient plausibles et quelles informations me manqueraient pour penser et agir de manière juste et ajustée aux circonstances.
3) Comment favoriser une bonne relation, sans se soumettre :
Utiliser les conseils précédents pour ne pas réagir immédiatement (sauf urgence vitale).
D’abord prendre conscience de l’existence de l’autre, le considérer en tant qu’être humain avant son rôle, son statut ou mes préjugés positifs ou négatifs à son égard.
Me poser, pour ne pas réagir tout de suite. Prendre le temps d’interroger plutôt que d’affirmer ou d’accuser. Si c’est trop difficile émotionnellement, remettre la conversation à plus tard.
Faire le point sur ce qui a été dit ou fait, au-delà de ma première interprétation. En parler si possible avec une personne de confiance pour échanger d’autres manières d’interpréter les choses.
Sans oublier les deux méthodes précédentes pour me rétablir dans une confiance lucide. Le meilleur repère étant : ce qui est écrit, dit ou fait favorise-t-il l’écoute, la contradiction amicale et réduit-il les causes de dépendance, et de souffrances subies ou infligées ?
Textes fondamentaux
Liens vers quelques textes fondamentaux, universels, concernant la dignité humaine, les droits fondamentaux, le respect de l’autonomie, et la protection contre les violences.
- Déclaration universelle des droits de l’homme Dignité, égalité en droits, sûreté, vie privée et liberté de conscience.
- Pacte international relatif aux droits civils et politiques Recours effectif, vie privée, liberté de pensée, d’expression, de réunion et participation à la vie publique.
- Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes Égalité et non-discrimination dans la vie politique, publique, éducative, professionnelle, sanitaire, civile et familiale.
- Convention relative aux droits de l’enfant Intérêt supérieur de l’enfant, protection, développement, santé, éducation et protection contre les violences.
- Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes Violences physiques, sexuelles et psychologiques dans la famille, la collectivité ou par l’État ; prévention, enquête et protection.